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Prêt relais indivision successorale : 3 verrous techniques désamorcés

Cas pratique chiffré à 340 000 euros avec sortie d'indivision forcée et délégation AERAS sur co-emprunteurs asymétriques

Un bien hérité en indivision non liquidée, deux co-emprunteurs dont l’un relève de la convention AERAS, un projet d’acquisition à 340 000 euros conditionné à une sortie d’indivision que trois cohéritiers contestent sur la valeur vénale : ce dossier concentre les trois points de blocage les plus fréquents en comité d’engagement bancaire de rentrée. Le montage présenté ici, anonymisé et mené à terme en 2025, détaille la méthode exacte de calibrage, de garantie et de couverture assurantielle qui a permis le déblocage en 5 à 7 jours ouvrés après accord du comité.

Contexte du dossier : données brutes

Deux conjoints, 42 et 45 ans, revenus nets cumulés de 5 200 euros mensuels, souhaitent acquérir leur résidence principale à 340 000 euros. L’apport disponible se limite à 18 000 euros, mais le conjoint A détient une quote-part indivise de 50 % sur un bien successoral estimé entre 280 000 et 320 000 euros selon les cohéritiers, soit une valeur de part oscillant entre 140 000 et 160 000 euros.
Le conjoint B présente un antécédent médical déclaré (pathologie cardiaque stabilisée depuis 4 ans) relevant du dispositif AERAS. Le taux d’endettement projeté hors prêt relais atteint 33,8 %, soit la limite haute du seuil HCSF de 35 % assurance incluse, ne laissant qu’une marge de 1,2 point pour intégrer la charge du relais.
  • Acquisition cible : 340 000 euros, frais de notaire inclus à 367 000 euros
  • Quote-part indivise du conjoint A : 50 % d’un bien estimé entre 280 000 et 320 000 euros
  • Revenus nets mensuels cumulés : 5 200 euros
  • Apport liquide : 18 000 euros
  • Taux d’endettement initial hors relais : 33,8 %

Valeur vénale contestée : arbitrage technique

Le premier verrou réside dans l’écart de 40 000 euros entre l’estimation du cohéritier vendeur (320 000 euros) et celle des deux autres cohéritiers (280 000 euros). La banque refuse de retenir la valeur haute pour calibrer le prêt relais : elle applique systématiquement une décote de prudence de 10 à 20 % sur la valeur la plus basse en cas de désaccord documenté entre indivisaires, conformément à sa politique interne de risque adossée aux recommandations de l’ACPR sur la valorisation des sûretés immobilières.
La méthode retenue : faire réaliser une estimation contradictoire par un expert foncier agréé, indépendant des parties, qui a conclu à 295 000 euros. La banque a appliqué sa décote de 15 %, retenant une valeur de référence de 250 750 euros pour le bien entier, soit 125 375 euros pour la quote-part de 50 %. Le prêt relais a été calibré à 70 % de cette quote-part nette, soit 87 762 euros, montant qui respecte la pratique bancaire standard du ratio LTV relais entre 60 et 80 % sur quote-part indivise.
  • Estimation contradictoire indépendante : 295 000 euros
  • Décote prudentielle bancaire appliquée : 15 %, soit 250 750 euros retenus
  • Quote-part nette retenue : 125 375 euros (50 %)
  • Prêt relais accordé : 87 762 euros à 70 % de la quote-part

Hypothèque indivise : sûreté sous contrainte

Le deuxième verrou concerne la garantie hypothécaire. L’article 815-3 du Code civil impose le consentement de tous les indivisaires pour constituer une hypothèque sur un bien indivis, sauf décision judiciaire. Or deux des trois cohéritiers refusaient de consentir à l’hypothèque, bloquant la constitution de la sûreté réelle exigée par la banque pour le prêt relais.
La solution a consisté à engager simultanément une procédure de partage judiciaire (article 815-5-1 du Code civil permettant la vente forcée du bien indivis lorsqu’un indivisaire détenant au moins deux tiers des droits en fait la demande au tribunal) et à proposer à la banque une garantie alternative : un nantissement d’un contrat d’assurance-vie de 42 000 euros détenu par le conjoint A, complété par un cautionnement bancaire via un organisme de caution mutuelle pour le solde. Cette combinaison a permis de sécuriser le prêt relais sans attendre l’issue de la procédure judiciaire, la banque acceptant le risque résiduel au regard du ratio de couverture global de 112 % (nantissement 42 000 euros plus caution 55 000 euros sur un relais de 87 762 euros).
  • Consentement unanime des indivisaires requis pour hypothèque conventionnelle (article 815-3 Code civil)
  • Procédure de partage judiciaire engagée sur le fondement de l’article 815-5-1 Code civil
  • Garantie de substitution : nantissement assurance-vie 42 000 euros plus cautionnement mutuel 55 000 euros
  • Ratio de couverture global obtenu : 112 %

Architecture globale du plan de financement

Le montage final articule trois lignes de crédit distinctes. Le prêt principal amortissable de 261 238 euros sur 25 ans à un taux nominal de 3,45 % (taux constaté au moment du montage, hors assurance) couvre l’acquisition nette après déduction de l’apport et du relais. Le prêt relais de 87 762 euros sur 24 mois, à un taux de 3,90 %, fonctionne en franchise totale d’amortissement : seuls les intérêts sont dus mensuellement, soit 285 euros par mois, ce qui maintient le taux d’endettement global à 34,7 %, sous le plafond HCSF de 35 %.
La sortie du relais est sécurisée par la procédure de partage judiciaire dont le délai moyen constaté est de 12 à 18 mois devant le tribunal judiciaire. En cas de licitation (vente aux enchères judiciaire), le prix plancher retenu par le juge s’appuie sur l’estimation de l’expert foncier agréé, ici 295 000 euros, garantissant au conjoint A un produit net de part supérieur au montant du relais à rembourser.
  • Prêt principal : 261 238 euros sur 25 ans, taux 3,45 %
  • Prêt relais : 87 762 euros sur 24 mois, taux 3,90 %, franchise totale
  • Charge mensuelle du relais : 285 euros (intérêts seuls)
  • Taux d’endettement consolidé : 34,7 %, conforme au plafond HCSF

Délégation AERAS : quotités et surprime calibrées

Le troisième verrou, souvent sous-estimé, concerne la couverture assurantielle. Le conjoint B, porteur de l’antécédent cardiaque, se voit appliquer par le contrat groupe de la banque une surprime de 180 % sur la garantie décès et une exclusion totale de la garantie ITT. Ce niveau de surprime, ajouté au coût du contrat groupe du conjoint A, fait franchir le seuil du TAEG maximum autorisé, rendant le prêt juridiquement impossible à émettre en l’état.
La délégation d’assurance emprunteur, permise par la loi Lemoine de 2022, a été structurée auprès d’un assureur spécialisé en risques aggravés. Le conjoint B obtient une surprime ramenée à 75 % avec maintien de la garantie ITT sous réserve d’une franchise de 180 jours. Les quotités ont été réparties à 100 % sur le conjoint A et 60 % sur le conjoint B, soit 160 % cumulés, permettant de couvrir le risque de décès de chaque tête tout en contenant le coût total d’assurance à 0,38 % du capital emprunté en moyenne pondérée, contre 0,71 % en contrat groupe.
  • Contrat groupe initial : surprime 180 % sur conjoint B, exclusion ITT, TAEG dépassé
  • Délégation obtenue : surprime ramenée à 75 %, ITT maintenue avec franchise 180 jours
  • Quotités retenues : 100 % conjoint A, 60 % conjoint B (160 % cumulés)
  • Coût assurance délégation : 0,38 % du capital contre 0,71 % en groupe
  • Dispositif AERAS appliqué : niveau 2 du mécanisme (étude par pool d’assureurs spécialisés)

Chronologie opérationnelle et points de vigilance

La séquence de montage a suivi un ordre précis, non interchangeable. Première étape : obtention de l’estimation contradictoire (3 semaines). Deuxième étape : dépôt simultané de la demande de prêt et de l’assignation en partage judiciaire, la banque exigeant la preuve de l’engagement de la procédure comme condition de recevabilité du dossier relais. Troisième étape : instruction de la délégation d’assurance AERAS en parallèle, avec transmission du questionnaire médical détaillé dès le dépôt du dossier bancaire pour ne pas retarder l’offre de prêt.
Le point de vigilance majeur pour les dossiers de rentrée septembre 2026 : les comités d’engagement bancaires durcissent leur analyse des prêts relais adossés à des biens en indivision successorale lorsque la procédure de partage n’est pas encore engagée. Déposer le dossier sans l’assignation en partage ou sans l’estimation contradictoire revient à un refus quasi systématique. La mise en place du financement, une fois l’accord du comité obtenu, s’effectue en 5 à 7 jours ouvrés.
  • Estimation contradictoire indépendante : préalable non négociable
  • Assignation en partage judiciaire : à déposer avant ou simultanément au dossier bancaire
  • Questionnaire médical AERAS : à transmettre dès le dépôt pour paralléliser les délais
  • Mise en place après accord comité : 5 à 7 jours ouvrés

Résultat consolidé et enseignements reproductibles

Le montage a permis l’acquisition de la résidence principale à 340 000 euros avec un coût total du crédit (intérêts plus assurance plus frais de garantie) de 148 200 euros sur 25 ans, soit un TAEG de 4,12 %, inférieur au taux d’usure applicable au moment de l’émission. L’économie réalisée par la délégation d’assurance par rapport au contrat groupe s’élève à 23 400 euros sur la durée totale du prêt.
L’enseignement central : sur ce type de dossier hybride, l’expert en financement doit piloter simultanément trois temporalités distinctes, celle du notaire pour la sortie d’indivision, celle de la banque pour le comité d’engagement, celle de l’assureur pour l’instruction AERAS. Toute désynchronisation entraîne un rejet ou un surcoût. La méthode SOFICCA consiste à constituer le dossier complet (estimation, assignation, questionnaire médical) avant le premier contact bancaire, de sorte que le comité d’engagement dispose de l’ensemble des pièces en une seule présentation.
  • Coût total du crédit : 148 200 euros sur 25 ans, TAEG 4,12 %
  • Économie assurance par délégation : 23 400 euros sur la durée
  • Méthode clé : constitution intégrale du dossier avant dépôt bancaire
  • Synchronisation des trois temporalités : notaire, banque, assureur

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus fréquentes sur le sujet.

Un bien hérité en indivision non liquidée, deux co-emprunteurs dont l'un relève de la convention AERAS, un projet d'acquisition à 340 000 euros conditionné à une sortie d'indivision que trois cohéritiers contestent sur la valeur vénale : ce dossier concentre les trois points de blocage les plus fréquents en comité d'engagement bancaire de rentrée. Le montage présenté ici, anonymisé et mené à terme en 2025, détaille la méthode exacte de calibrage, de garantie et de couverture assurantielle qui a permis le déblocage en 5 à 7 jours ouvrés après accord du comité.
Qu'est-ce qu'un prêt relais adossé à une résidence principale en indivision successorale ?

C’est un financement court terme (12-24 mois) garanti par la valeur de votre résidence principale détenue en indivision suite à un héritage. Il permet de financer un projet immobilier en attendant la vente du bien indivis ou la sortie d’indivision forcée. Dans notre cas d’étude à 340 000 euros, ce mécanisme facilite le déblocage de liquidités sans attendre le règlement complet de la succession.

Comment fonctionne la sortie d'indivision forcée dans ce montage à 340 000 euros ?

La sortie d’indivision forcée permet à l’un des héritiers de contraindre la vente du bien ou le rachat des parts des autres co-indivisaires. Le prêt relais adossé à une résidence principale en indivision successorale finance cette opération en anticipant le produit de la vente ou du rachat. Cela évite les blocages liés aux désaccords entre héritiers.

Pourquoi déléguer l'assurance emprunteur sur deux co-emprunteurs à profils asymétriques ?

La délégation d’assurance permet d’adapter les garanties à chaque profil de risque : l’un peut être jeune et sain, l’autre plus âgé ou avec des antécédents médicaux. Cela optimise le coût global et facilite l’approbation du dossier en répartissant les risques. C’est particulièrement pertinent dans un prêt relais adossé à une résidence principale en indivision où les co-emprunteurs sont souvent des frères et sœurs d’âges différents.

Quels sont les frais et conditions associés à ce prêt relais de 340 000 euros ?

Les frais incluent les intérêts (généralement 0,40-0,60% mensuel), les frais de dossier (500-1500€), l’assurance emprunteur et les frais de garantie hypothécaire. Sur 340 000 euros sur 18 mois, le coût total avoisine 8-12% du montant emprunté. Une évaluation précise du bien en indivision est obligatoire pour sécuriser le prêt relais adossé à une résidence principale.

Quel est le délai de déblocage des fonds pour ce type de montage ?

Comptez 15-20 jours après acceptation du dossier, sous réserve de la finalisation de l’évaluation du bien et de la signature des actes. Pour un prêt relais adossé à une résidence principale en indivision successorale, les délais peuvent être légèrement allongés en raison des vérifications supplémentaires sur la situation juridique de l’indivision (accord des co-indivisaires ou jugement de sortie).

Note légale : SOFICCA (LBA Investissements SARL) est enregistré à l’ORIAS sous le numéro 23003179.

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