SOFICCA — Navigation

Décennale chantier arrêté été : 4 points essentiels

Ce que couvre réellement votre garantie décennale quand vous posez les outils cet été

Chaque été, des milliers de chantiers s’arrêtent pendant les congés, mais les intempéries, les infiltrations et les effondrements, eux, ne prennent pas de vacances. Un ouvrage inachevé exposé aux aléas climatiques pendant plusieurs semaines concentre des risques de désordres structurels dont la prise en charge par l’assurance décennale dépend de conditions précises que la plupart des artisans n’ont jamais vérifiées. Avant de fermer le chantier cet été, voici ce qu’il faut comprendre et anticiper.

Décennale : ce qu'elle couvre vraiment

L’assurance décennale, imposée par les articles 1792 et suivants du Code civil, couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, et ce pendant 10 ans après la réception des travaux. Le point crucial : cette garantie s’attache à l’ouvrage réalisé, pas au calendrier du chantier. Tant que la réception n’a pas eu lieu, c’est la responsabilité contractuelle de l’artisan qui s’applique sur les travaux déjà exécutés.
Concrètement, si une malfaçon dans vos travaux de fondation provoque une fissure structurelle découverte après la réception, la décennale joue, que le chantier ait été interrompu 2 semaines ou 2 mois entre-temps. En revanche, un dommage causé par un événement extérieur (tempête, vandalisme) sur un ouvrage non réceptionné relève d’un autre cadre : votre responsabilité contractuelle et potentiellement votre multirisque professionnelle.
  • La décennale couvre les vices et malfaçons affectant la solidité ou la destination de l’ouvrage après réception
  • Avant réception, c’est la responsabilité contractuelle de droit commun qui s’applique (article 1231-1 du Code civil)
  • L’interruption estivale ne suspend ni n’annule la garantie décennale sur les ouvrages déjà réceptionnés

Avant réception : qui assume les risques

Pendant un chantier en cours, donc avant réception, l’artisan reste gardien de l’ouvrage au sens de l’article 1788 du Code civil : si l’ouvrage périt ou se dégrade avant livraison, la perte est pour l’entrepreneur, sauf s’il prouve que le maître d’ouvrage était en demeure de réceptionner. Cette règle prend tout son sens en été : un mur monté mais non protégé qui s’effondre sous un orage violent pendant vos congés reste, en principe, votre problème.
La nuance est importante : si le maître d’ouvrage a lui-même empêché la poursuite ou la réception des travaux, la charge peut être partagée. Mais dans la majorité des cas, l’artisan qui interrompt volontairement le chantier pour congés conserve la responsabilité des ouvrages en cours. C’est précisément là que la multirisque professionnelle ou l’assurance de responsabilité civile professionnelle prend le relais de la décennale.
  • Article 1788 du Code civil : l’entrepreneur supporte la perte de l’ouvrage avant réception
  • Exception : mise en demeure de réceptionner restée sans réponse du maître d’ouvrage
  • La RC Pro et la multirisque professionnelle couvrent les dommages sur chantier en cours selon les clauses du contrat

Clauses à vérifier avant les congés

Toutes les polices décennales et multirisques professionnelles ne sont pas identiques. Certaines comportent des clauses d’exclusion liées à l’absence de mesures conservatoires : si vous n’avez pas bâché, étayé ou sécurisé le chantier avant de partir, l’assureur peut invoquer une faute de l’assuré pour réduire ou refuser l’indemnisation. D’autres contrats imposent une obligation de déclaration en cas d’interruption prolongée au-delà d’une durée définie dans les conditions particulières.
Avant de poser les outils, relisez vos conditions générales et particulières sur 3 points précis : les obligations de protection du chantier inachevé, les délais de déclaration d’interruption, et les exclusions liées aux dommages climatiques sur ouvrage non protégé. Un appel à votre assureur ou à un expert en assurance permet de lever toute ambiguïté et d’adapter les garanties si nécessaire.
  • Vérifier l’obligation de mesures conservatoires (bâchage, étaiement, mise hors d’eau partielle)
  • Identifier les clauses d’exclusion pour défaut de surveillance ou de protection
  • Contrôler l’obligation de déclaration d’interruption de chantier dans les conditions particulières
  • S’assurer que la multirisque professionnelle couvre les dommages climatiques sur ouvrage en cours

Sinistre pendant l'arrêt : que faire

Si un sinistre survient sur votre chantier pendant l’interruption estivale, la règle reste la même qu’en période d’activité : vous devez déclarer le sinistre à votre assureur dans le délai prévu au contrat, généralement inscrit dans les conditions générales conformément à l’article L113-2 du Code des assurances. Toute déclaration tardive peut entraîner une déchéance de garantie si l’assureur démontre que le retard lui a causé un préjudice.
En pratique, désignez un interlocuteur joignable pendant vos congés, capable de constater un dommage et d’initier la déclaration. Photographiez l’état du chantier avant le départ : ces preuves seront déterminantes pour établir si le dommage résulte d’un vice de construction (relevant de la décennale après réception) ou d’un événement extérieur survenu pendant l’arrêt (relevant de la RC Pro ou de la multirisque).
  • Déclarer le sinistre dans le délai contractuel prévu aux conditions générales
  • Documenter l’état du chantier avant départ (photos datées, rapport écrit)
  • Désigner un référent joignable pour constater tout dommage pendant l’absence
  • Distinguer vice de construction et événement extérieur pour orienter la déclaration vers la bonne garantie

Réception partielle : une protection méconnue

Une solution souvent ignorée des artisans : la réception partielle des travaux achevés avant l’interruption. En procédant à une réception partielle avec le maître d’ouvrage pour les lots terminés (fondations, gros œuvre, charpente), vous transférez la garde de ces ouvrages au client et vous déclenchez le point de départ de la garantie décennale sur ces lots précis. Cette démarche protège l’artisan contre les dommages survenant sur des parties d’ouvrage qu’il ne peut plus surveiller.
La réception partielle doit être formalisée par un procès-verbal contradictoire signé des deux parties, mentionnant les réserves éventuelles. Elle n’est pas obligatoire et le maître d’ouvrage peut la refuser, mais elle constitue un outil contractuel puissant pour sécuriser les deux parties pendant une longue interruption. Discutez-en avec votre maître d’ouvrage avant le départ en congés : c’est dans son intérêt autant que dans le vôtre.
  • La réception partielle transfère la garde de l’ouvrage au maître d’ouvrage pour les lots concernés
  • Elle déclenche la garantie décennale sur les lots réceptionnés
  • Un procès-verbal contradictoire signé est indispensable
  • Le maître d’ouvrage peut refuser la réception partielle

Protéger le chantier : obligations concrètes

Au-delà des aspects assurantiels, l’artisan a une obligation générale de sécurisation du chantier, y compris pendant les interruptions. Le Code du travail (articles R4534-1 et suivants) et les règles de coordination SPS imposent que le chantier reste sécurisé pour les tiers : clôtures maintenues, accès condamnés, matériaux dangereux stockés selon les normes. Un accident de tiers sur un chantier non sécurisé pendant vos congés engage votre responsabilité civile.
Sur le plan pratique, établissez une checklist de fermeture de chantier : coupure des alimentations (eau, électricité), bâchage des ouvrages exposés, étaiement des structures instables, verrouillage des accès, signalisation maintenue. Ces mesures ne sont pas seulement du bon sens : elles conditionnent directement la prise en charge par votre assureur en cas de sinistre. Un chantier laissé ouvert et non protégé est un motif classique de refus d’indemnisation.
  • Maintenir clôtures et signalisation pendant toute la durée de l’interruption
  • Condamner les accès et couper les alimentations
  • Bâcher les ouvrages exposés aux intempéries
  • Étayer les structures provisoires et instables
  • Stocker les matériaux dangereux conformément aux règles en vigueur

Ils nous font confiance

Des milliers de clients accompagnés chaque année, des avis vérifiés et des résultats concrets Soficca, c’est la preuve par les chiffres.

clients
+ 0
sur Google
0 /5
avis clients
+ 0

Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus fréquentes sur le sujet.

Chaque été, des milliers de chantiers s'arrêtent pendant les congés, mais les intempéries, les infiltrations et les effondrements, eux, ne prennent pas de vacances. Un ouvrage inachevé exposé aux aléas climatiques pendant plusieurs semaines concentre des risques de désordres structurels dont la prise en charge par l'assurance décennale dépend de conditions précises que la plupart des artisans n'ont jamais vérifiées. Avant de fermer le chantier cet été, voici ce qu'il faut comprendre et anticiper.
Mon chantier est arrêté cet été : mon assurance décennale me couvre-t-elle pendant cette période d'inactivité ?

Oui, votre assurance décennale reste active pendant l’arrêt du chantier. Cette garantie couvre les vices de construction et les défauts de conformité pendant 10 ans après la réception des travaux, indépendamment des interruptions de chantier. Cependant, vérifiez que votre contrat ne comporte pas de clauses spécifiques concernant les délais d’interruption prolongée.

Quels sinistres sont couverts par l'assurance décennale pendant un chantier arrêté ?

L’assurance décennale couvre les dommages affectant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination (fissures structurelles, infiltrations, effondrements). Elle ne couvre pas les défauts d’ordre esthétique ou les dommages causés par des tiers pendant l’arrêt du chantier. Les éléments d’équipement non structurels relèvent de la garantie biennale.

L'assurance décennale couvre-t-elle les dégâts dus aux intempéries pendant l'arrêt estival du chantier ?

Non, les dommages causés par les intempéries pendant l’arrêt ne sont pas couverts par l’assurance décennale, qui garantit les vices de construction. C’est pourquoi il est essentiel de sécuriser votre chantier (bâchage, drainage) et de vérifier que vous disposez d’une assurance chantier complémentaire couvrant ces risques.

Dois-je déclarer l'arrêt de mon chantier à mon assureur pour maintenir la couverture décennale ?

Il est recommandé d’informer votre assureur de tout arrêt prolongé, même si l’assurance décennale reste théoriquement active. Cette transparence évite les litiges ultérieurs et garantit que votre couverture n’est pas remise en question en cas de sinistre. Consultez votre contrat pour connaître les obligations déclaratives spécifiques.

Pendant un chantier arrêté, comment puis-je être sûr que ma garantie décennale sera reconnue en cas de problème ?

Documentez l’état du chantier avant l’arrêt (photos, rapports), maintenez votre assurance sans interruption et conservez tous les justificatifs de paiement des primes. En cas de sinistre, déclarez-le rapidement à votre assureur avec preuves à l’appui. Une gestion rigoureuse de votre dossier renforce la reconnaissance de votre couverture décennale.

Note légale : SOFICCA (LBA Investissements SARL) est enregistré à l’ORIAS sous le numéro 23003179.

Vérifiez vos garanties décennale et multirisque avant cet été

Les experts en assurance SOFICCA analysent gratuitement vos contrats pour identifier les zones de risque spécifiques à votre chantier et à votre interruption estivale : contactez-nous pour une analyse personnalisée.

Adresse : 58 rue Bühler, 68100 Mulhouse
Téléphone : 09 72 16 76 21
Email : contact@soficca.fr
Horaires : Lundi au dimanche, de 9h à 21h
Support email : 24h/24, 7j/7

Réponse de principe (du lundi au vendredi aux heures ouvrables, hors week-end et jours fériés) non soumise à engagement et sous réserve de l’étude de votre situation et de l’acceptation par nos partenaires assureurs.

SARL LBA INVESTISSEMENTS au capital de 1 000 € – R.C.S. Mulhouse n° 893 621 318 – siège social : 58 rue Buhler, 68100 MULHOUSE – Mandataire non exclusif en opérations de banque et en services de paiement, Intermédiaire en assurance, Courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP), Courtier d’assurance ou de réassurance (COA), Mandataire d’Intermédiaire d’Assurance (MIA), immatriculé sous le n°ORIAS 23003179 (www.orias.fr). Société soumise au contrôle de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), 4 Place de Budapest, CS 92459, 75436 Paris Cedex 09, téléphone : 01 49 95 40 00, site : www.acpr.banque-france.fr. SOFICCA ne vous demandera jamais de verser des fonds autres que les honoraires dus à la suite de la réalisation d’une opération au travers de ses services.

Retour en haut